Rubrique : Chroniques

Publié le : octobre 2003
Christine WODRASCKA Yves ROMAIN

LE PÉRIPATÉTICIEN

Label La Nuit Transfigurée (lanuittransfiguree.com)


Yves Romain,contrebasse ; Christine Wodrascka, piano.

Le label La Nuit Transfigurée se singularise par ces choix musicaux. A travers ses deux collections, il donne quelques beaux exemples de la musique contemporaine. Notons également qu’il tisse des passerelles avec d’autres formes d’expressions artistiques en intercalant dans la jaquette textes littéraires et œuvres visuelles inspirés par la musique ; la démarche est intéressante et montre comment la musique peut prendre vie dans un auditeur et ressurgir en une autre création.

Ainsi, Le Péripatéticien nous permet-il de découvrir les dessins de Thierry Le Saëc ou le poème d’Hélène Vidal. On y trouve également photos (Thierry Mathias) et propos des musiciens et vers la fin du livret, les titres des plages avec quelques commentaires - titres évocateurs qui prolongent la portée poétique de la musique. Le titre "Vivant, il marche dans son rêve" nous a arrêté un peu plus que les autres car il aurait pu se superposer à l’intitulé du disque. On peut voir ici une belle formule pour désigner une certaine conception de la musique, celle qu’illustrerai Christine Wodrascka et Yves Romain.
A l’écoute de ce disque, on comprend qu’improviser, c’est un peu comme si on "marchait dans son rêve" à la recherche d’un surcroît de vie.
Pour un temps, l’espace sonore est investi par une sorte de rêve ; on y déambule ou plutôt, on y marche - le verbe "marcher" convient d’avantage parce qu’il comporte aussi l’idée de se tenir debout, d’avancer dans une attitude minimale de domination et nous rappelle qu’improviser c’est aussi apprivoiser les remous d’un monde intérieur pour mieux l’incarner et le restituer.
Cet acheminement, proposé par la pianiste Christine Wodrascka et le contrebassiste Yves Romain, pose les jalons d’un monde à découvrir ou à inventer. Entre mesure et démesure s’inscrit la régularité de leurs pas, la vie trouve son souffle.

Géraldine Martin

Chronique publiée initialement sur le site Jazzbreak.com






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