Rubrique : Chroniques

Publié le : 12 avril 2010
CLAUDIA SOLAL - SPOON BOX

ROOM SERVICE

Label Le Chant du Monde


La chanteuse, improvisatrice et auteur-compositeur, Claudia Solal sillonne la scène du jazz hexagonal, depuis une dizaine d’années, avec une bienheureuse faculté à nous émerveiller. Nous l’avions déjà appréciée dans le second album paru sous son nom, « Porridge Days » (2005- label Le chant du Monde ) enregistré en duo avec le pianiste Benjamin Moussay, ou dans le trio d’improvisation libre « La Théorie du Chaos » dont elle fait partie aux côtés de Médéric Collignon et Lê Duy Xuân. Signalons également sa participation brillante au projet « Poètes vos papiers » mené par Yves Rousseau ou bien encore ses interventions en tant que chanteuse et comédienne dans le spectacle « Les Couleurs » (Yves Rousseau / Jean Etaix).

Ce nouvel opus est l’aboutissement d’une collaboration fructueuse entre Claudia Solal, Benjamin Moussay, le saxophoniste Charles Richard et le batteur Joe Quitzke. Initiée par la chanteuse en 2006 dans le cadre du festival Jazz in Marciac, cette formation, baptisée Spoonbox, s’est produite sur de nombreuses scènes avant d’enregistrer en 2009 « Room Service » au studio La Buissonne, _avec un invité de choix, le violoniste Régis Huby (sur quelques morceaux).

Il en résulte bien entendu un travail extrêmement abouti mais surtout très personnel. La voix de Claudia Solal s’avère d’emblée captivante, sans doute parce qu’elle sait allier profondeur et fraîcheur et ne s’encombre d’aucun carcan stylistique. Le répertoire, constitué de chansons qu’elle a composées et écrites en anglais, révèle une grande richesse de tons, d’humeurs, de couleurs : chacune d’elles s’érigent telles des microcosmes où la féérie la plus désinvolte flirte avec une poésie, un brin décalée, laissant surgir parfois les aléas d’une mélancolie survoltée ou une sensualité toute aérienne. Les trois autres musiciens contribuent à tisser la singularité de ces ambiances en proposant arabesques d’improvisations ou soutiens rythmiques des plus inspirés : ensemble ou tour à tour, saxophone, batterie, claviers, électronique, violon viennent ainsi ponctuer ou soutenir la voix, de manière subtile et efficace.

Quoiqu’il en soit, l’inattendu est toujours de mise et rend passionnant cet album. Tout concourt à édifier un univers musical des plus originaux dans lequel il est bien délicieux de se laisser emporter...

Géraldine Martin

Chronique publiée initialement sur le site Rivierajazzclub






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