Rubrique : Chroniques

Publié le : 19 janvier 2010
ERIC WATSON

MIDNIGHT TORSION

Label Émouvance


Encore une excellente production du label Émouvance. Ce label, implanté à Marseille a été crée en 1994 par le contrebassiste Claude Tchamitchian et propose, par delà les styles, un catalogue de musiciens aux démarches artistiques très personnelles et exigeantes ; il fait ainsi partie de ces précieux artisans œuvrant pour le déploiement d’une liberté créative et salvatrice sans commune mesure.

L’une de ses dernières productions concerne Éric Watson, pianiste américain installé en France depuis une quarantaine d’années qui se caractérise par une finesse de jeu et une inventivité constante. Au départ de ce projet, une création intitulée « Lettres » en collaboration avec la compagnie de danse Cré-ange et surtout un poème : celui d’Edgar Allan Poe, « Le Corbeau » traduit en France par Charles Baudelaire et Stéphane Mallarmé.
Pour mener à bien cette entreprise, le pianiste a convoqué les talents de Claude Tchamitchian (contrebasse), d’Elise Caron (voix) et de Régis Huby (violon). Ce projet s’est donc transformé en Midnight Torsion afin de s’émanciper des contraintes du spectacle de danse et donner libre cours au désir des musiciens qui souhaitaient prolonger cette aventure. Éric Watson nous livre ici un de ses plus bel opus, d’une facture originale, puisqu’il mêle au jazz et à la musique improvisée de la musique contemporaine et classique. A partir de ce poème aux tonalités sombres, Eric watson et ses comparses explorent les profondeurs d’une nuit envoûtante, alliant des couleurs inédites et variées. Le caractère tantôt obsessionnel tantôt délicieusement lancinant laisse apparaître un lyrisme tranchant. Nous sommes ainsi invités à une déambulation nocturne et musicale traversée de tempêtes aux résonances étranges et fulgurantes.
« Midnight Torsion » rend magnifiquement hommage au poète Edgar Poe par une musique pleinement habitée et surtout met à jour, une fois de plus, les liens forts qui existent entre poésie et jazz : des liens de vie.

Géraldine Martin

Chronique publiée initialement dans Rivierajazzclub






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