Rubrique : Chroniques

Publié le : 28 février 2011
André MINVIELLE - Lionel SUAREZ

TANDEM

e-motive records

Voici près d’une vingtaine d’années qu’ André Minvielle nous offre son arc-en-ciel inouï, nous permettant de traverser des paysages dont la beauté et l’authenticité nous émeuvent à chaque nouvelle écoute.
Avec Tandem, il choisit la formule du duo, _ qu’il a bien entendu très souvent expérimentée. Cette fois, il s’allie à un complice partageant avec lui le même sens de la poésie : l’accordéoniste Lionel Suarez, présent d’ailleurs sur l’album précédent Follow Jon Hendricks...if you can !!!   ; nous connaissons également ce musicien trentenaire pour ses collaborations multiples du côté de la chanson (Claude Nougaro, Loïc Lantoine, Art Mengo, Bernard Lavilliers, etc.).

Ce nouvel opus comporte toujours autant de fraîcheur même si l’on y retrouve (avec bonheur) quelques chansons que l’on connaissait déjà. Le vocalchimiste continue de nous émerveiller. Il s’agit bien ici d’alchimie, entre les mots, les sons, les notes mais aussi dans la rencontre des deux musiciens. Une alchimie dont il émane une force essentielle. Le maître mot de l’art minvellien demeure, sans aucun doute, la vie ; peut-être est-ce un cliché de dire cela car il est vrai que tout art véridique devrait tendre vers la vie, en recueillir la spontanéité jaillissante et fertile. Mais avec André Minvielle, cette évidence devient particulièrement tangible. Dès le premier titre (« Balagora »), la couleur est annoncée, il s’agit de faire « danser la vie ». Chacune de ces chansons résonnent comme un joyau où « la polyphonie de la vie » se révèle vertigineuse. L’émotion culmine avec la sublime « Juliette et Lucie » où la tendresse et l’amour paternel prennent une densité toute particulière ; ou bien encore avec « Cançon » où se mêlent langues et accents rassemblant, dans un même élan poétique et vital, le Brésil et l’Occitanie. L’album comporte aussi des chansons sur les curcubitacés : la rebondissante et fantasque « Mama Curcubita » ou l’étrange « Lagénaria », petite fresque écologique et historique. Le vocaliste béarnais « multipiste » et son acolyte accordéoniste nous plongent à d’autres moments dans les dénivelés joyeux de « Lalambic » pluriculturel ou nous convient sur la piste, celle « Du Cirque » (morceau qui clôt l’album).

Au final, ces « équilibristes lumineux », comme aime à les nommer leur ami accordéoniste Marc Perronne, nous offrent des numéros captivants dont la magie continuera encore longtemps de résonner en nous. Un tandem que l’on aimerait bien redécouvrir en concert...

Géraldine Martin






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