Rubrique : Chroniques

Publié le : novembre 2005
CIRCUM GRAND ORCHESTRA

CIRCUM GRAND ORCHESTRA

Circum Disc

Olivier BENOIT, Sébastien BEAUMONT, guitares ; Christophe HACHE, basse ; Nicolas MAHIEUX, contrebasse ; Peter ORINS, Jean-Luc LANDSWEERDT, batteries ; Stéphane ORINS, piano ; Philippe LEMOINE, Julien FAVREUILLE, saxophones ; Christophe ROCHER, clarinette basse ; Christophe MOTURY, Christian PRUVOST, trompette, bugle ; Charlène MARTIN, voix.

   

 

Circum, collectif très actif de 12 musiciens basé en région lilloise, n’a pas hésité face à la conjoncture actuelle, à créer son propre label. Nous avions aimé ses deux enregistrements précédents ( Impression « Le Bénéfice du doute », Stefan Orins trio « Natt Resa ») qui conjuguaient profondeur et esprit inventif. Aujourd’hui, c’est sa version XL qui nous est présentée ici, nous permettant d’apprécier le travail remarquable effectué par ces musiciens depuis la création du collectif en mars 2000. Cet enregistrement fait suite à une expérience qui mêlait jazz contemporain et chanson : lors de la troisième édition de son festival, Circum se confronte à Hanayo, chanteuse japonaise issue de la pop et de l’electro. En 2005, dans ce nouvel opus, c’est avec Charlène Martin qu’ils poursuivent cette investigation. Nous avions découvert cette chanteuse l’année dernière à travers ses interventions dans l’ONJ de Claude Barthélémy, _ grand bonheur de la retrouver encore une fois dans un grand orchestre.
Les neufs compositions révèlent les talents d’écriture et d’arrangement d’Olivier Benoît, Sébastien Beaumont, Christophe Hache et Peter Orins. Elles soutiennent des textes tout aussi intéressants et originaux d’auteurs contemporains, plus ou moins reconnus (Guillevic, Solveig Godeluk, Barnabé Mons, Sébastien Beaumont ).
La richesse de Circum Grand Orchestra vient d’abord du fait que ses musiciens n’hésitent pas à évoluer dans plusieurs sphères : jazz contemporain, chanson, rock, musique improvisée, _ sans pour autant que la musique soit réduite à un patchwork. Cet orchestre renouvelle l’esthétique de la fusion avec pertinence et produit une musique à laquelle nous adhérons immédiatement, _ peut être grâce à l’énergie et au sentiment de liberté qu’elle distille, ainsi qu’à sa spontanéité et à sa sincérité. Il est vrai que la section rythmique doublée (2 guitares, 2 basses, 2 batteries) assure un groove incisif et déluré. Mais le dynamisme résulte surtout des contrastes entre les passages très improvisés, élégamment désinvoltes, les riffs articulés et rapides et des séquences où prime d’avantage la mélodie.
La voix de Charlène Martin, sans être omniprésente, s’insère à merveille dans ce paysage d’une ardente fraîcheur. Elle rend toute la force émotionnelle aux textes des chansons et à d’autres moments, sait se rendre diaphane et radieusement émancipée...  
On souhaite longue vie au Circum Grand Orchestra !

Géraldine Martin






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