Rubrique : Chroniques

Publié le : 21 octobre 2014
EDWARD PERRAUD

Synaesthetic trip

Quark Records
 

 

Le poème des Correspondances de Baudelaire trouve sa juste place en ouverture du livret de ce disque. La musique que propose le quatuor d’Edward Peraud se révèle bel et bien habitée par une poésie quelque peu enivrante. Sans doute, en partie grâce à cette esthétique de la variation qui donne une unité forte au projet. La trompette de Bart Maris tour à tour aérienne, félinienne, découpe des figures mélodiques lancinantes évoluant sur un groove acéré que tissent frénétiquement Arnault Cuisinier et Edward Perraud. Le piano de Benoit Delbecq serpente à travers ces nappes sonores pour en révéler une pluralité de couleurs et de mouvances.

Ces quatre-là sont peut-être des musiciens-arpenteurs de lunes aussi rouges que les braises d’un cœur haletant ou les artisans d’une aube dont les bleus n’en finissent pas de s’étirer. Ils laissent s’envoler, très loin, des insectes incandescents qui tracent des chemins de lumière et accompagnent une danse dont le rituel consisterait à demander aux étoiles leur vrais nom. Ce disque nous rappelle que l’inquiétante splendeur de nos vies prend parfois des résonances étranges et familières, si amples, qu’il est difficile de ne pas s’offrir à ces divagations sensorielles et spirituelles...






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